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La Maison Pasteur à Arbois

« S’il n’y a plus de microbes, il n’y a plus de vie » : la Maison de Louis Pasteur à Arbois s’est agrandie en Septembre 2026 et explore le monde invisible. Le Laboratoire de Chimie bactérienne n’est pas étranger à extension, on vous explique tout !

C’est une étape majeure pour la mémoire et la transmission de la microbiologie : la Maison de Louis Pasteur à Arbois (Jura), propriété historique de l’Académie des sciences, a inauguré de nouveaux espaces agrandis et une exposition immersive dédiée au monde des micro-organismes.

Sous la formule forte rappelée par le musée – « S’il n’y a plus de microbes, il n’y a plus de vie » –, cette refonte scénographique propose un voyage saisissant à travers l’infiniment petit. L’exposition dépasse la vision réductrice des germes uniquement pathogènes pour révéler la diversité stupéfiante des bactéries, virus et champignons, ainsi que leur rôle indispensable au maintien des écosystèmes, de la fermentation et de la santé humaine.

Un pont entre l’histoire de la bactériologie et la recherche actuelle

Ce lieu emblématique abrite toujours le laboratoire personnel et intact de Louis Pasteur, là où le savant menait ses célèbres travaux sur la fermentation des vins, la génération spontanée et les maladies infectieuses. Grâce à cette extension moderne, le site tisse désormais un lien direct entre les découvertes fondatrices du XIXᵉ siècle et les avancées contemporaines de la microbiologie.

Pour le Laboratoire de Chimie Bactérienne, cette mise en valeur du monde microbien fait écho à nos thématiques quotidiennes :

  • Comprendre la biologie fondamentale des bactéries : morphogenèse, dynamique cellulaire, régulation de l’expression des gènes et signalisation.

  • Explorer le rôle écologique et physiologique des micro-organismes : adaptation aux stress environnementaux, symbioses et métabolismes énergétiques durables.

  • Relever les défis biomédicaux actuels : lutte contre l’antibiorésistance et découverte de nouvelles cibles thérapeutiques.

En ouvrant grand ses portes au public, la Maison d’Arbois rappelle que la bactériologie, loin d’appartenir au passé, demeure une science de pointe cruciale pour comprendre le vivant et répondre aux grands enjeux sanitaires et écologiques de demain.

L’aventure « Les microbes, c’est la vie » : le LCB au cœur de la nouvelle extension de la Maison Pasteur à Arbois

Janvier 2023 : La genèse et le projet Unlock

Tout commence en janvier 2023. Pascale Cossart, membre éminente de l’Académie des sciences que Tâm Mignot, directeur du Laboratoire de Chimie Bactérienne (LCB), vient tout juste de rejoindre, sollicite l’expertise du laboratoire. L’Académie vient en effet de faire l’acquisition de la maison mitoyenne à la Maison Pasteur, à Arbois, avec l’ambition d’en faire un nouveau musée consacré à la microbiologie.
L’implication initiale envisagée pour le LCB est alors bien ciblée : imaginer et concevoir un jeu immersif de type Escape Game (baptisé projet Unlock) destiné à se dérouler dans ces futurs espaces. Sous la supervision conjointe de Tâm Mignot, de Jean-Raphaël Fantino et de Yann Vacher de l’Université de Corse, un premier collectif d’étudiants est réuni pour poser les bases du concept. Il est composé de Lola Bosc, Céline Dinet, Camille Maillé, Prunelle Carcassonne, Claudia Petrillo, Marianne Broc, Nolan Tronche, Mathieu Sourice et Donovan Robert, tous doctorants au LCB.
Très vite, la réflexion s’élargit : le défi dépasse le simple cadre ludique d’un escape game. Il apparaît indispensable de bâtir de véritables propositions muséographiques autour des enjeux de la microbiologie moderne. Dès le mois de mars 2023, une première esquisse voit le jour : un document de travail (PDF) structure la vision du projet autour de quatre salles thématiques, définissant pour chacune les grands axes, les intentions pédagogiques et les mots-clés directeurs :
 

Septembre 2024 : Structuration et scénographie avec Alice Camuri

Après une phase de maturation, le projet s’accélère significativement à la rentrée 2024 avec l’arrivée d’Alice Camuri, Apprentie en communication au LCB. Le collectif s’enrichit alors de nouveaux talents, à l’instar de Charlotte Oriol, pour donner un coup de collier décisif alors que les travaux de rénovation du musée débutent.
Face aux contraintes du chantier et aux besoins d’aménagement, l’organisation spatiale et conceptuelle se précise :
  • La transition muséographique : Alors qu’une première agence initialement mandatée pour la conception des objets doit passer la main, c’est la société ViVANT qui reprend les rênes du projet avec un fort investissement pour concrétiser nos réflexions scientifiques en dispositifs tangibles.
  • Un support structurant : Alice Camuri conçoit une présentation synthétisant l’ensemble des propositions du collectif. Ce livrable devient la véritable bible méthodologique du musée, servant de socle à ViVANT pour créer l’identité visuelle, les animations, les panneaux et les supports de médiation déployés dans les salles

Mars 2026 : L’impression 3D au service de la médiation avec Philippe Notareschi

Au printemps 2026, la collaboration prend une dimension matérielle et tactile sous la houlette de Philippe Notareschi, responsable informatique du laboratoire et référent de l’atelier de fabrication 3D sur le campus Joseph Aiguier à Marseille.
Mobilisant toutes les imprimantes 3D du campus, jours et nuits sur plusieurs semaines, il modélise et imprime une dizaine d’espèces bactériennes et autres virus :
  • Certaines structures ont été adaptées à partir de modèles 3D préexistants sur Internet ;
  • D’autres ont été entièrement sculptées et converties en trois dimensions directement à partir d’illustrations 2D.
Ces objets, intégrés à demeure dans le parcours muséographique, permettent aux visiteurs de toucher du doigt la morphologie et la diversité du monde bactérien.

11 septembre 2026 : Inauguration officielle

L’aboutissement de ces trois années de travail collectif s’est matérialisé le 11 septembre 2026 lors de l’inauguration officielle de l’exposition « Les microbes, c’est la vie » à Arbois. L’équipe du LCB était présente sur place pour célébrer l’ouverture des lieux, marquant l’aboutissement d’une transmission réussie entre la recherche fondamentale marseillaise et la diffusion de la culture scientifique auprès du grand public.